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Chaine Humaine

De Lyon à Avignon, pour atomiser l’atome.

lundi 20 février 2012, par Vincent Tessereau


Le papy d’Olbius le flamant ne savait pas ce qu’était une usine atomique. Le mots "neutrons", "uranium", "plutonium" ne lui disaient rien. Ne l’empêchaient nullement de voler au dessus de la grande et belle Provence. Puis il a vu les hommes accueillir l’atome. Sauter de joie sur ces terres ancestrales et rudes. Sauter de joie, c’était comme sauter de l’âge de la bougie et de la charrue à l’ère du tout électrique et du nucléaire. Il fallait accepter le progrès, vivre avec son temps, tirer gloriole de l’extrême compétence de nos ingénieurs qui avaient su dompter des éléments inconnus. Chacun était content, dormait sur ses deux oreilles. Papy flamant assista alors à ce magnifique essaimage. Les hautes cheminées, la végétation de pylônes, les grues, les camions bâchés, les milliers points lumineux dans la nuit. Les paysages se transformèrent. Floraison de piscines chauffées, de salles de fêtes éblouissantes, de lampadaires insolites... L’atome avait pris le pouvoir et dictait sa loi. Le commissariat à l’énergie atomique lobotomisait les consciences. Ses ingénieux ingénieurs se déclaraient aptes à contenir l’atome volatile derrière des barbelés, fermer les frontières aux suspicions accidentelles, repousser de tristes nuages loin de toute salade. Professaient le langage de l’autruche autonome et radine.

Quand, après Tchernobyl, Mamie a dû se faire enlever la thyroïde, le docteur a dit que peut-être la radioactivité...

Par précaution, par intuition peut-être, Olbius le flamant préfère se joindre à la grande chaîne humaine pour sortir du nucléaire le 11 mars 2012. Entre Lyon et Avignon, la région la plus nucléarisée d’Europe... Pour avoir dans les yeux une lumière qui ne doit rien à l’atome. Si ce n’est à votre présence élégante. Chaque personne compte et nous comptons sur vous pour atomiser l’atome.