La crise et l’impasse des transports actuels vont progressivement orienter nos déplacements vers les transports doux. La tendance de ces dernières années, marquée par l’étalement urbain et des déplacements automobiles de plus en plus nombreux, est source de nuisances autant sur le plan local (pollution atmosphérique, bruit…) que global (émissions de gaz à effet de serre). Si elle se poursuivait, cette évolution serait de nature à compromettre la fluidité des circulations, la qualité de vie et l’équilibre de nos cités.
Pour se déplacer, l’homme dispose pourtant de ses propres ressources et de sa propre énergie. Parfois, seule lui manque la volonté de changer ses habitudes.
Marche à pied : 6 à 8 mn suffisent pour parcourir 500 m à pied. Une demi-heure de marche par jour est le temps recommandé sur le plan de la santé. C’est 3 km que chacun doit raisonnablement parcourir chaque jour. Évidemment, on a mille choses à faire, on est en retard, on nous attend, on pare au plus pressé. Et, le plus souvent, on prend sa voiture - même pour une course rapide - alors que l’idéal serait de prendre son temps ! En ville, un quart des trajets font moins de 1 km. Donnez-vous 15 mn pour le faire et votre budget, vos artères et la planète ne s’en porteront que mieux.
Vélo : En ville, il faut parfois entre 35 et 40 mn pour parcourir 3 km, mais il en faut trois fois moins pour le faire à vélo. Bien sûr, c’est plus rapide en voiture en cas de trafic fluide et de stationnement facile, mais avouez que c’est …rarement le cas. De plus, les trajets courts ne conviennent pas à la voiture : elle s’use plus vite et pollue davantage. Alors, redécouvrez les joies du vélo : c’est facile, rapide, pas cher et bon pour le cœur et les jambes. Pour ceux qui rechignent à l’effort, les vélos à assistance électrique sont parfaits.
Transports collectifs : Pour satisfaire les besoins de mobilité de l’ensemble de la population, tout en diminuant la dépendance à la voiture, il est nécessaire de renforcer les transports en commun et de prévoir, de façon systématique, les infrastructures pour une mise en accessibilité totale de ceux-ci, notamment aux personnes à mobilité réduite (véhicules et quais).
Vélo et TC : Il devrait évidement être facile de ranger son vélo à proximité des gares et de combiner son usage avec celui des transports en commun.
Urbanisme : Depuis décembre 1996, la loi sur l’air oblige les grandes villes à se doter d’un plan de déplacement urbain (PDU) imposant notamment la mise au point d’itinéraires de pistes cyclables à l’occasion de réalisation ou de rénovation de voies urbaines. La mobilité devient un enjeu déterminant pour la vie de la cité. Sous l’impulsion de collectivités territoriales et des urbanistes, la ville doit s’adapter aux modes de déplacement doux. Largeur des trottoirs, cheminements piétons, aménagement des traversées difficiles, barrières urbaines pour limiter certains accès, pistes cyclables, parkings à vélos... l’homme doit y reprendre toute sa place. TPM et le conseil général ont voté, depuis longtemps, leur plan de déplacements avec la visée de favoriser les déplacements doux. Reste à traduire en actes ce constat et cette volonté. Hélas, les municipalités, souvent dirigées par des techniciens et des élus imprégnés de la culture dominante du « tout voiture », et ne voulant pas contrarier leurs si proches électeurs, ont tendance à oublier que le maillage, la conception, l’aménagement de nos espaces urbains ont été (et sont encore) conçus pour la voiture individuelle. Il nous faut renverser cette logique et reconsidérer l’organisation de la ville et des espaces publics en partant des plus fragiles (enfants et personnes à mobilité réduite). Relire la ville déjà constituée, repenser et réaménager progressivement les espaces publics au profit des modes doux, depuis l’échelle du quartier jusqu’à l’échelle la plus large du territoire. Tout un challenge !